Mercredi 10 octobre 2018
Actualités | Guadeloupe

La chlordécone contamine, même au large, selon une étude

Selon une étude scientifique parue cette semaine dans la revue spécialisée Marine Pollution Bulletin, intitulée : « des champs de banane au grand bleu: évaluation de la contamination des cétacés du large dans l’Est caribéen », il est démontré que des cétacés, des animaux évoluant au large, peuvent se retrouver contaminés à la chlordécone.
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42 cétacés sur 46 ont été contrôlés positifs à la chlordécone ! Il s’agit de dauphins et différents cachalots 1 pseudorque, 5 dauphins de Fraser, 30 dauphins tachetés pentropicaux, et 10 grands cachalots : 4 espèces au total sur lesquelles des scientifiques ont effectué des biopsies, des analyses de tissus graisseux.

Ces animaux ont été contrôlés dans les eaux guadeloupéennes en avril 2015.

Ce qui interpelle c’est que la molécule chlordécone, utilisée dans des champs de bananes jusqu’en 1993, se retrouve dans presque tous les échantillons de graisse analysés. La molécule se retrouve donc finalement ingérée et détectable dans des cétacés carnivores de très grande taille, des animaux qui évoluent loin de la côte, au large, sur la zone des 1000 mètres de fond, qui n’ont pas les mêmes habitudes alimentaires. Car dauphins et cachalots se nourrissent autant de calamars, crustacés, que de poissons à différentes profondeurs, cela dépend des espèces.

Si les chercheurs pouvaient s’attendre à ce que si loin du bord, il y ait un effet de dilution qui annihile la présence de la chlordécone, il n'en est rien, même s'il faut toutefois noter que le taux de contamination est faible contrairement à d‘autres espèces, tortues et poissons, testées des les embouchures de rivière, plus près du bord.

Reste à savoir, entre autre, si la présence de chlordécone dans les organismes des cétacés observés peut avoir ou non un impact sur leur santé.

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